Monsieur,

Après une réunion de sécurisation du QMC, notre faisant fonction chef de détention, et son adjoint, ont déboulé dans les coursives, le regard froid, la tête tournée vers l’opportunité de faire un exemple, pour contrôler la fermeture de la moindre porte, ignorant (ou non d’ailleurs) qu’ils déboulaient en plein dans le créneau de mouvement le plus sensible de la détention.

Cette action, qui fait certes partie de leurs prérogatives, dénouée de tout humanisme, était tellement frigide, qu’il ne manquait plus que la marche impériale comme musique de fond. Nous sommes conscients de la manière dont «certains officiers» (fort heureusement qu’ils ne sont qu’une minorité) utilisent leur grade doré pour se créer un charisme sur mesure, mais le chef adjoint, hier encore, était premier surveillant avec un soutien inconditionnel envers les agents et le travail commun était accompagné par notre professionnalisme commun. Que s’est-il passé pour qu’il change de cap?

Récemment, notre établissement a été confronté à une situation troublante, le “faisant fonction” chef de détention, normalement chargé de maintenir l’ordre et le respect, a franchi une limite inacceptable. Son comportement a été perçu par tous les agents présents comme insultant, dégradant et humiliant. Ces actions ont non seulement créé une atmosphère de tension et de mécontentement, mais ont également soulevé des questions sur sa capacité à diriger efficacement.

Un leader doit être capable de reconnaître et d’apprécier le dévouement et le professionnalisme de son équipe, malheureusement, dans ce cas, il semble que cette reconnaissance et cette appréciation soient absentes. De plus, il a non seulement enfreint les règles d’éthique, de bienséance et d’exemplarité attendues de sa position, mais il a également impliqué tout le monde, y compris les personnes détenues qui passaient par là à ce moment-là.

Depuis cet incident, il est devenu clair pour nous qu’il n’y a plus d’espoir ni de soutien de la part de notre hiérarchie, Ce comportement inacceptable n’en est malheureusement pas à sa première manifestation, c’était déjà le cas en MA. Ces excès de colère sont de notoriété publique et sont mêmes connus du directeur de l’établissement, cependant, l’absence de mesures correctives est d’autant plus préoccupante qu’elle semble être tolérée, voire couverte par la directrice adjointe du centre pénitentiaire. Il est clair que les liens amicaux n’ont pas leur place à l’intérieur des murs de notre enceinte, il est plus que temps que des actions soient prises pour rectifier cette situation.

Monsieur le Directeur, vous devez aborder cette situation avec sérieux et prendre des mesures pour rétablir le respect et la dignité au sein de notre établissement, chaque fonctionnaire doit se sentir valorisé et respecté. C’est la seule façon de maintenir un environnement de travail positif et productif pour tous.

Monsieur le Directeur, le bureau local FO Justice exige que des mesures nécessaires soient appliquées pour garantir un environnement de travail respectueux et sécurisé pour tous les agents. Nous demandons également que le faisant fonction de chef de détention soit tenu responsable de ses actions et que son maintien à un poste d’une telle importance soit remis en question.

Enfin, Monsieur le Directeur, FO Justice tient devant vous par cette lettre ouverte, à remercier et féliciter tous les agents qui ont permis le bon fonctionnement de l’établissement en cette période difficile pour tous et nous les encourageons à s’unir pour que cet affront à leur encontre soit réparé!

Nos deux responsables sont actuellement en arrêt, est-ce que leur mépris s’étend au-delà des simples agents ou vous incluent-ils également pour laisser une centrale dite sécuritaire dans une telle situation?

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